14 avril 2020

Historique

L’histoire et le nom de Saint-Gibrien sont liés à celle de Gibrian, moine irlandais.

Qui était Gibrian ?

Il convient de citer la tradition, car plusieurs lieux s’attribuent le séjour de ce moine devenu prêtre, la construction de la chapelle sur son tombeau et enfin celui où les reliques de l’illustre ermite a donné lieu à un culte et pèlerinages, après les miracles qu’on lui a prêtés.

La période du Haut-Moyen-Age est connue pour l’importance de l’immigration de moines irlandais, responsables de l’évangélisation des campagnes. Les villes quant à elles, ont été évangélisées à la fin de l’empire romain.

Gibrian, moine irlandais ayant vécu au Ve siècle, est venu en France pour l’évangéliser, accompagné de ses cinq frères et sœurs. Ils se sont établis chacun en divers endroits de la rivière Marne.

Le moine Colomban aurait eu plusieurs disciples, trois sont attestés, dont Gibrien qui aurait sillonné la vallée de la Marne, avant de s’installer sur la rive gauche. Selon la tradition, il se serait établi près de Chalons, à l’endroit où le ruisseau Côle se jette dans la Marne. C’est bien là que réside toute l’ambiguïté ; s’agit-il de Coolus ou bien du lieu où a été fondé le village de Saint-Gibrien actuel ? En effet, d’après les géographes, la Coole se jetait primitivement dans la Marne, à ce niveau.

Toujours d’après la tradition, Saint Rémi de Reims lui aurait confié un ermitage et il a vécu en anachorète dans le village de Cosse, Cosla en latin, où il établit sa demeure et où il mourut en 509, la date est imprécise. La sainteté de sa vie et la pureté de ses mœurs le rendirent célèbre dans tout l’est de la France. Un oratoire fut construit sur la tombe de ce pieux solitaire, à cause de quelques miracles qui y avaient été opérés.

888 marqua la fin des Carolingiens et l’élection comme roi des Francs d’Eudes, comte de Paris qui remporta une victoire contre les normands. Ceux-ci, venus jusqu’au lieu où saint-Gibrien reposait, entre 888 et 892, pillèrent et détruisirent la chapelle où il était enseveli.

A l’initiative du religieux comte Haideric, qui alla trouver Rodoard, évêque de Châlons, son corps fut transféré à l’abbatiale Saint-Rémi de Reims. C’est au XIIe siècle que de nombreux miracles sont prêtés à Saint-Gibrien, fêté le 7 mai, qui fait l’objet d’un culte et d’un pèlerinage déplaçant les foules.

Le village de Coolus a édifié une chapelle, près de l’actuel château Beauregard, qui surplombe la Marne, à l’endroit de sa confluence avec la Coole. Pour les Colluats, c’est là qu’aurait été enseveli Saint Gibrien. Selon la tradition, des miracles se seraient produits sur son tombeau et les habitants des contrées environnantes lui élevèrent une chapelle, lui rendirent un culte, se mettant sous sa protection. Un pèlerinage eut lieu pendant plus de trois siècles jusqu’à la destruction de la chapelle par les Normands.

Elle fut reconstruite en 1873 et les pèlerinages reprirent le 7 mai de la même année, jour de la fête de Saint Gibrien. A l’abandon et saccagée, elle fut restaurée en 1973 et une nouvelle statue du Saint fut replacée dans la chapelle, à l’initiative de M. Michel, président de l’Etoile qui s’occupe du petit patrimoine.

Le Saint est honoré en d’autres lieux. Comme martyr pour avoir refusé d’abjurer la christianisme près de Metz, à Lindre où on y vénère l’une de ses reliques et où se trouve la fontaine miraculeuse de Sain-Gibrien.

La tradition Lorraine donne une autre version sur le culte de cet illustre ermite dont le corps aurait été transféré à Maizerais, près de Toul. Cette terre aurait été donnée aux religieux de Saint-Rémi de Reims par Etienne  de Bar, évêque de Metz.

Chapelle de Saint Gibrien à Coolus 1873
Photo de M. Lévêque

Où se trouve le véritable lieu où fut enseveli Saint Gibrien et où et où fut édifiée la chapelle sur son tombeau ?

Il est incontestable que le prêtre Saint Gibrien, venu d’Irlande, s’est établi près de Châlons, en Champagne, et il mena une vie d’ermite sur la rive de la Marne. Cela correspond à la situation de Saint-Gibrien, comme à celle de Coolus. Le regretté Jean-Pierre Ravaux, grand historien de notre région, optait pour le premier lieu. En effet, la chapelle aurait été construite, d’après les textes, à la confluence de la Marne et de la Coole. Or, avant que la Marne ne prenne son cours actuel à Châlons et la Coole la confluence d’aujourd’hui, la Guenelle coulait parallèlement à la Marne, recevait les eaux de la Coole en aval de Coolus, poursuivait son cours à Compertrix et confluait avec la Marne à Saint-Gibrien (étude de Bernadette Aubry, L’eau au fil du temps).

Il est donc possible d’affirmer que, dans le passé, la Coole ne confluant pas avec la Marne en contre-bas de l’actuelle Chapelle de Saint Gibrien de Coolus, l’illustre ermite aurait été enseveli, là où le village s’est installé et a pris le nom de Saint-Gibrien

Statue de Saint Gibrien XVe siècle
à l’église de Saint-Gibrien

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